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Sage et l'IA : comment transformer un comptable en magicien de la productivité

Sage et l'IA : comment transformer un comptable en magicien de la productivité

Bonjour Mickaël, pourriez-vous nous raconter comment votre parcours vous a amené à devenir le Head of AI chez Sage?

J’ai rejoint Sage en juin 2020 en tant que Cloud Business Developer et Evangelist, avec pour mission de dynamiser les offres SaaS. En septembre 2024 Sage m’a confié la direction du département de l’IA pour la France et l’Europe du Sud..
Ma mission est de piloter la stratégie et l’innovation en matière d'IA pour transformer la manière dont les entreprises gèrent leurs finances et leur comptabilité, en intégrant des technologies avancées comme les LLM et l’IA générative au cœur des solutions Sage.

En tant que spécialiste de l'intelligence artificielle, comment voyez-vous l'intégration de l'IA dans les solutions Cloud et son impact sur la transformation numérique des entreprises?

L’IA et le Cloud, c’est un duo incontournable pour accélérer la transformation numérique des entreprises. Le Cloud offre la scalabilité et la puissance de calcul nécessaires pour entraîner et exécuter des modèles d’IA avancés, tandis que l’IA, en retour, permet d’optimiser les opérations Cloud, notamment en termes d'automatisation, de sécurité, et de performance.

Chez Sage, on mise sur cette synergie pour transformer la gestion d’entreprise : fini les tâches répétitives, place à une intelligence embarquée qui conseille et assiste en temps réel. L'objectif étant ainsi de rendre la technologie transparente et ultra-efficace, au service de nos clients et partenaires.

Avec votre expérience dans le développement d'offres SaaS, quel rôle joue l'intelligence artificielle dans l'évolution ces services, notamment pour les grandes entreprises?

L’IA redéfinit totalement l’expérience SaaS. On passe d’un logiciel statique à un assistant intelligent, capable d’anticiper les besoins, d’automatiser les analyses et de simplifier la prise de décision.

Jusqu'ici, un logiciel en SaaS se limitait à stocker et traiter des données. Aujourd’hui, il devient un acteur proactif du business. Nous sommes en train de passer d'une ère où il fallait naviguer dans des menus interminables pour obtenir une information à l'ère où la donnée se trouve sous nos yeux, avant même que nous la demandions. Désormais, l’IA comprend le besoin, suggère l’action et l’exécute. On ne clique plus, on dialogue. On ne cherche plus, on reçoit des recommandations. C’est un bouleversement total dans la façon dont les équipes travaillent : plus de réactivité, plus de personnalisation, et surtout plus de temps pour se concentrer sur ce qui compte vraiment.

Chez Sage, nous avons développé Sage Copilot, un assistant de productivité basé sur l'IA générative qui permet aux utilisateurs de dialoguer en langage naturel avec leurs outils, y compris par la voix. Pour les grandes entreprises, c’est un levier de productivité colossal : moins de temps passé sur les tâches fastidieuses, plus de focus sur la stratégie. On ne parle plus d’un simple logiciel, mais d’un véritable copilote du business.

Vous avez été Cloud Evangelist chez Sage. Comment utilisez-vous cette expertise pour promouvoir et intégrer davantage l'intelligence artificielle dans les solutions proposées par Sage?

Mon rôle de Cloud Evangelist m’a appris une chose essentielle : la meilleure technologie est celle qu’on adopte sans même s’en rendre compte. L’IA doit suivre cette logique. Pour convaincre, il faut démontrer la valeur concrète, pas juste parler d’algorithmes. C’est exactement ce que je fais aujourd’hui chez Sage : montrer comment l’IA simplifie le quotidien des entreprises, qu’il s’agisse d’automatiser une clôture comptable ou d’analyser des tendances financières en un clic. L’IA n’est pas une promesse future, elle est déjà là, et elle fait la différence aujourd’hui.

D'autre part, je revois les mêmes leviers de boucliers que j'avais connu avec l'émergence du Cloud Public. Or l'histoire nous a montré que chaque révolution technologique a généré de nouvelles opportunités, et développé de nouvelles compétences.

En effet, avec l’essor du Cloud Public il y a 15 ans, les DSI s’inquiétaient pour leurs équipes : que deviendraient les ingénieurs systèmes, les ingénieurs réseaux, les managers d’infrastructure ? On prédisait un impact négatif sur ces métiers. Pourtant, l’histoire a parfaitement prouvé le contraire : non seulement ces rôles n’ont pas disparu, mais ils sont devenus encore plus recherchés, au point qu’on manque aujourd’hui de ces talents sur le marché. Mieux encore, de nouveaux métiers ont émergé, comme Cloud Engineer, FinOps Manager ou Cloud Solution Architect.

Nous vivons exactement le même phénomène avec l’IA. Des postes comme Prompt Engineer ou AI Engineer voient déjà le jour.

Pouvez-vous partager un exemple d'un projet ou d'une initiative en intelligence artificielle chez Sage dont vous êtes particulièrement fier et pourquoi?

Sage Copilot, sans hésiter. C’est plus qu’une simple fonctionnalité d’IA, c’est une révolution dans la manière dont nos utilisateurs interagissent avec nos logiciels. On a réussi à intégrer une intelligence conversationnelle qui comprend le langage métier, analyse les données en temps réel et propose des actions concrètes pour les professionnels du monde de la finance et de la comptabilité.

Mais au-delà du projet, le constat qui me rend fier c'est de voir des professionnels, qui hier étaient sceptiques sur l’IA, me dire aujourd’hui "Je ne peux plus travailler sans." C’est la meilleure preuve que l’IA a dépassé le stade de la promesse pour devenir une évidence. Ce qui est passionnant, c’est que ce n’est que le début. On n’a encore exploré qu’une fraction de son potentiel. Demain, l’IA ne se contentera pas d’exécuter des tâches, elle challengera nos décisions, proposera des stratégies et nous poussera à être meilleurs. Et quand l’IA devient un réflexe et non plus une contrainte, on sait qu’on a gagné.

Selon vous, quels sont les principaux défis auxquels les entreprises font face aujourd'hui en essayant d'adopter l'intelligence artificielle, et comment peuvent-elles les surmonter?

Le premier défi, c’est la confiance. Beaucoup d’entreprises hésitent encore à laisser une IA automatiser des décisions critiques. L’IA peut faire peur parce qu’elle remet en question nos habitudes. Le plus grand défi, ce n’est pas la technologie, c’est l’acceptation. Les entreprises doivent comprendre que l’IA ne remplace pas l’humain, elle l’amplifie. Mais pour y arriver, il faut lever deux freins : la compréhension et la confiance
D'autre part la compréhension, parce que l’IA doit être accessible à tous, pas seulement aux experts.
Et d'autre part, la confiance, parce qu’une IA doit être transparente et alignée avec les valeurs de l’entreprise. La clé, c’est une IA expliquée, supervisée et maîtrisée. Pas une boîte noire, mais un véritable coéquipier numérique.

Chez Sage, on adopte une approche responsable de l’IA en trois étapes : explicabilité des modèles, supervision humaine, et conformité stricte aux régulations. Ensuite, il y a l’intégration : l’IA doit s’adapter aux outils existants et non l’inverse. Enfin, la montée en compétences : former ses équipes à tirer parti de l’IA, c’est transformer une contrainte en avantage concurrentiel.

En tant que leader dans le domaine de l'IA, comment anticipez-vous les évolutions futures de l'intelligence artificielle et son influence sur les pratiques de gestion et le monde des affaires?

L’IA va devenir un standard dans la gestion d’entreprise. Dans cinq ans, je pense que travailler sans IA sera aussi impensable que de gérer une entreprise sans ordinateur aujourd’hui. On ne se demandera plus "Dois-je utiliser l’IA ?", mais "Comment ai-je pu faire sans ?", et ce qui va profondément changer, c’est l’interaction avec la technologie. L’interaction homme-machine va en effet continuer de devenir de plus en plus naturelle.

On va vers des assistants IA encore plus intuitifs, proactifs, capables de comprendre le contexte métier et de fournir des recommandations ultra-personnalisées. En parallèle, l'émergence massive des agents IA vont pouvoir automatiser et rendre autonome davantage de processus complexes, en adapter son langage et ses recommandations à chaque métier, chaque contexte. Ce ne sera plus un outil, mais un partenaire qui comprend le business et pousse les équipes à prendre les meilleures décisions. C’est ça, le vrai game changer.

Reste l’enjeu majeur de l’éthique et la régulation : une IA fiable, responsable et alignée avec les valeurs des entreprises. Chez Sage, c’est notre cap.

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